Deuxième conférences :

«  Quelles sont les modalités concrètes des réseaux régionaux sport santé pour accompagner la prise en charge en APA des personnes à besoins particuliers »

–          Première présentation de Mr Thierry FAUCHARD, Directeur des programmes en AP de l’Institut Mutualiste de Promotion en APS (IMAPS) : Apport des expériences de l’IMAPS au niveau national pour la problématique Sport Santé.

 

 

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Présentation de l’IMAPS : Présidence de Monsieur Jean Pierre Davant. Création: octobre 2010. Objectif: promouvoir l’activité physique ou sportive dans un but de santé. Conseil d’administration: 10 mutuelles actionnaires.

Les objectifs de l’IMAPS sont premièrement d’offrir à chaque bénéficiaire un programme d’accompagnement adapté  en fonction de ses besoins : sédentarité/maladies chroniques/maintien de l’autonomie… Deuxièmement proposer des outils qui s’articulent avec les outils existants des acteurs de la santé : web service, plateforme téléphonique, réseau de prévention, opérateurs labellisés. Troisièmement, aider et accompagner la reprise durable d’une activité physique et sportive.

Présentation du dispositif en trois niveaux.

Premièrement la mise en place d’un Web Service où le bénéficiaire de la mutuelle va pouvoir trouver des informations en matière de sport santé. Deuxièmement la mise en place de télé-assistant, qui a pour objectif d’évaluer par téléphone l’adhérent à partir de questionnaires sur l’aptitude à l’activité physique et le niveau d’activité physique. Suite à cette évaluation, l’adhérent est soit redirigé vers un réseau de club sportif (dans le cas où la première évaluation téléphonique ne révèlerait pas de contre-indication), soit il passe au niveau 3 du dispositif de l’IMAPS. Le troisième niveau correspond à un télé-coaching  par un « coach médico-sportif », celui-ci réalise une évaluation complémentaire (tests motivationnels, niveau d’AP…) et propose trois types d’offres, un coaching par téléphone, et des séances en club ou un coaching par téléphone et des séances à domicile.

Aujourd’hui 2600 clubs sont labellisés « sport-santé » et partenaires de l’IMAPS. Cette labellisation correspond à trois niveaux : premièrement le club doit avoir pour projet d’accueillir un nouveau public, deuxièmement les clubs doivent proposer des activités physiques accessibles et troisièmement avoir des coachs sport-santé (eux même formés par les réseaux sport santé).

Les fédérations qui collaborent avec l’IMAPS sont les Fédérations Françaises d’escrime, d’athlétisme, de natation, EPMM, UFOLEP, randonnée, EPGV…

 

–          Deuxième présentation : le réseau Marseille diabète par Isabelle PETIT, Intervenante au sein du réseau et étudiante en Master 1 APA à l’Université Aix Marseille.

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Le réseau Marseille Diabète (MD) a été créé en 2001 pour améliorer la prise en charge des personnes diabétiques de type 2. Le réseau accueille environ 2000 patients. Leur programme s’articule autour d’ateliers d’éducation thérapeutique et notamment des ateliers en APA. Depuis 2010, l’APA est positionné au sein du réseau comme un objectif éducatif qui doit permettre aux patients de gagner en autonomie dans la gestion de leur maladie.

Il existe 3 cas de figure lorsqu’un patient est pris en charge dans le réseau : soit les patients sont autonomes dans leur pratique d’AP quotidienne, soit ils sont en attente pour rentrer dans un cycle APA (attente pour raison de santé ou autres), soit ils sont directement intégrés aux séances d’APA.

Détails sur le programme :

– 1 première séance collective de reprise de l’AP + évaluations physiques initiales (endurance, souplesse et équilibre).

– 3 séances en binôme : un intervenant en APA + Infirmière DE + diététicienne + podologue.

– 4 séances sont proposées avec l’intervenant en APA, puis 1 séance collective d’APA : bilan – synthèse  + évaluations finales physiques (endurance, souplesse et équilibre).

– Enfin 2 séances « passerelle » sont mises en place avec l’intervenant en APA du réseau et des associations sportives partenaires.

Les activités principales sont la gymnastique douce et le renforcement musculaire. L’importance est mise sur la notion de plaisir et la notion éducative afin de permettre au patient de gérer sa pathologie au mieux et poursuive sa pratique.

Une étude réalisée en 2012 a permis d’objectiver la pratique du réseau. 71 patients avec une moyenne d’âge de 62 ans, parmi eux 68% sont rentrés dans le cycle APA (de 3mois et 12 séances).

Les résultats de l’étude sur ce cycle ont montrés une amélioration des scores de motivation, de qualité de vie, de l’HbA1c, FC de repos, souplesse…

Depuis 2012, 48 patients sont rentrés dans le programme APA avec une forte adhésion (43/48). Le suivi après le programme a montré que 77% des patients ont pérennisé leur pratique et 88% se sont inscrits dans une association sportive découverte au sein du réseau.

Marseille Diabète accueille aujourd’hui des personnes atteintes de pathologies respiratoires, des personnes en surpoids et diabétiques.

 

–          Annonce : Pour une labellisation des opérateurs sport-santé en Languedoc Roussillon, le Dr Pierrick BERNARD, UFR STAPS de Montpellier et Mr Camille MONTIGNY.

Le Projet local a une perspective d’évolution au niveau régional.

Constats : Premièrement il faut prendre la mesure de la diversité des publics spécifiques. Deuxièmement il y a une grande diversité des acteurs de la santé, du milieu sportif, des acteurs formés en APA dans le secteur universitaire. Troisièmement il y a une grande hétérogénéité (géographique, économiques…) face à l’accès aux pratiques.

Finalités et objectifs du projet : L’objectif est de répondre de manière pratique à l’objectif « sport santé » pour un public spécifique. Il faut premièrement faire un état de lieux des structures ressources qui répondent aux conditions sécuritaires et d’efficacité d’encadrement d’APS, deuxièmement articuler les professionnels prescripteurs, professionnels acteurs et pratiquants. L’objectif opérationnel est d’identifier les offres et les compétences des personnes qui interviennent. Enfin, il faut avoir une lisibilité sur les contenus proposés (nature d’activité).

Pour les moyens, il est nécessaire d’établir une coordination entre l’Université/le département APA de l’UFR STAPS de Montpellier, l’ARS et la DRJSCS et des partenariats avec, par exemple, la Ligue régional de lutte contre le cancer, l’APF, la SFP APA…

Le but est d’articuler les pratiquants qui en ont besoin et les professionnels qui sont disponibles. Présentation du Label Vivez Bougez : l’objectif est de faire du lien entre des opérateurs de terrain et des potentiels usagers dans les villes. L’objectif sera de rendre compte de ce projet dans 1 an lors de la JAPA 2014.

 

Témoignage de bénéficiaires du réseau sport santé

–          Marie-Christine BIEYSSE

«  Je suis de l’autre coté de la barrière mais cette métaphore est peu convenable car la barrière est en train de tomber. Nous sommes aujourd’hui considérés comme sujets dans notre parcours de soin. Nous ne sommes plus objets mais sujets. Je suis atteinte d’une maladie dégénérative, neurologique. 

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J’ai pas mal erré pour trouver des réponses et j’ai eu la chance de rencontrer dans mon parcours des gens qui ont su me stimuler et me faire repartir. Mr SIMARD insistait à juste titre sur la nécessité de prendre en compte l’équilibre personnel perdu et qui est absolument à retrouver. Ce que je vis, s’inscrit  totalement là-dedans. Mon retour à la vie sportive s’est faite grâce à la natation. Paradoxe car j’avais une phobie terrible de l’eau mais pourtant c’est là que j’ai retrouvé du bonheur, du plaisir, de la joie, de la souplesse. Et cela est essentiel car il faut pouvoir retrouver la joie. Quand on est en situation de handicap moteur, on est dans la perte de contrôle et on veut absolument se contrôler. On essaie  donc de contrôler tous nos gestes, ce qui est usant et douloureux. Alors, entre en jeu la pratique de l’évitement : on fait moins de choses, on se retire… c’est ce qui est terrible. Je vis cette renaissance sportive comme un stimulant et comme un plaisir. Mon plus grand plaisir c’est quand mon enseignant en APA me dit « écoute tu fais n’importe quoi, fais-toi plaisir ».

 C’est dans ces moments-là que l’on retrouve son plaisir! Et c’est aussi dans ces moments-là qu’on perçoit et retrouve ses capacités physiques, perdues et oubliées. Ce qui est important, c’est la relation entre les enseignants et les patients. C’est de l’ordre de la rencontre, en référence aux propos de Mr SIMARD l’importance de l’humanité, de la démarche humaniste. C’est des sujets qui se rencontrent et qui, grâce à leurs différences, essaient de construire. 

C’est essentiel pour sortir de la condamnation du handicap, la maladie, la vieillesse qui enferment et contraignent. Un souvenir m’est revenu ce matin, avant de venir ici, celui d’un livre : c’est Moby Dick (d’Herman Melville). C’est l’histoire d’un capitaine de baleinier qui s’est fait manger une jambe par un grand cachalot blanc et qui entreprend un périple autour du monde pour retrouver et tuer celui qui a mangé sa jambe. Si le sujet est animé par ce désir, de dépassement ou de retrouver l’énergie, c’est l’essentiel. Je me sens un peu comme ce capitaine Achab quand je fais de l’activité physique, je suis dans la dynamique, dans la conquête… ».

 

–          Mme Dominique QUINIOU

« Huit jours après une opération du ligament droit, on m’a annoncé que j’avais contracté le syndrome de Guillain-barré, avec une atteinte respiratoire assez grave. J’ai été en réanimation, en soins neurologiques intensifs pendant 2 mois, sous assistance respiratoire, totalement paralysée et tétraplégique. Après quelque temps, je suis rentrée en centre de rééducation pour maladie neurologique. J’ai commencé à être suivie par des équipes de kinésithérapeute, ergothérapeute, psychologue et par des médecins en réadaptation fonctionnelle et j’ai progressé petit à petit. Dans les derniers mois, j’ai commencé l’APA en piscine, ce qui a été un déclic pour progresser, pour sortir de ce centre quelque temps après en marchant, certes avec des béquilles et des douleurs, mais dans l’idée de continuer à pratiquer la natation (bien que ce n’était pas ce que je préférais avant mon accident!). Après ma sortie j’ai voulu continuer ce que j’avais initié en centre, à savoir mes séances d’APA, je me suis donc rendue dans une piscine non loin de mon domicile et là ça a été la panique totale ! J’ai eu peur de glisser, je me suis sentie différente, fragile… Je suis restée 15 min et je suis partie en pleurant. C’est une étape difficile de sortir du centre et de reprendre la vie courante et les activités autour. J’ai donc mis du temps à reprendre cette activité et les douleurs sont progressivement revenues à l’arrêt de l’activité physique. Après quelques séances de kiné se pose le problème de la reprise d’activité physique. Malheureusement tous les clubs commencent en début d’année scolaire, je ne sais pas où aller, j’en ressens le besoin »

 

DÉBAT

Invités au débat :

Mr Joël ABATI, Président au Conseil Régional Languedoc Roussillon de la commission numéro 13 Sports.

Mr Jean-Marc BARBIN, Président de la Société Française des Professionnels en APA.

Mme Françoise BRETTON, Centre Communal d’Action Sociale de la ville de Montpellier.

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G. NINOT : Mr ABATI vos sentiments sur le sport-santé au niveau régional ?

J. ABATI : Notre corps est toujours amené à être en mouvement. L’intégration doit proposer un regard, ce regard doit intégrer les autres, les personnes handicapées et ce, dès l’enfance pour pouvoir comprendre l’autre et avoir une ouverture d’esprit. Avec la rencontre, on peut avoir ce regard, la conscience de la difficulté de l’autre. Il faut que les jeunes publics aient ce regard.

J’ai été aux Jeux Olympiques d’été et je suis revenu aux jeux paralympiques avec des personnes handicapées. Voir le stade rempli, 80 000 places, pour moi, cela veut dire que le public anglais ne voit pas la différence mais la performance ! Le dépassement de soi est alors très fort, il permet de faire voir celui-ci. C’est un très bel exemple. Les français doivent avoir une vision différente du handicap et nous sommes tous acteurs de ce regard pour que demain nous puissions voir une personne handicapée différemment et de manière plus intégrée.

G. NINOT : On voit au travers ce témoignage la diversité et l’hétérogénéité des pratiques. Mr BARBIN ?

J.M Barbin : La SFP-APA compte après 5 années, 800 adhérents, cela traduit une nécessité  pour les diplômés STAPS APA de se rassembler, pour réveiller les consciences de nos hommes politiques. Cela semble prétentieux mais en effet il y a beaucoup de moyens pour le sport de Haut niveau : la Fédération Française Handisport et Sport Adapté sont nos vitrines ! Mais nous, professionnels en APA, nous nous occupons de l’envers du décor, de ceux que l’on ne voit pas ! C’est-à-dire que nous nous occupons des personnes qui ont perdue leur équilibre. Effectivement nous donnons du sens aux aptitudes physiques et à la condition physique mais nous ne nous arrêtons pas à ça. Il manque l’énergie, la motivation ou le sens que l’on donne à tout cela. L’élément fondamental est la rencontre. Les professionnels en APA sont une ressource, malheureusement pour l’instant au niveau politique c’est insuffisant. Les politiques ne font pas appel à nous, mais nous sommes patients! La formation a 30 ans, et les enseignants de ce temps avaient déjà cette vision. Aujourd’hui nous sommes dans le concret. Il y a effectivement des problématiques de santé, dans sa vision globale (mentale, physique…). La question de l’essentiel ne s’aborde pas de la même manière selon qu’on est l’usager ou le praticien. En premier lieu, il faut demander à la personne pourquoi elle veut pratiquer. L’APA n’est pas un médicament, il faut rendre la personne responsable et si elle ne veut pas, il faut creuser et ne pas rester sur le simple fait qu’elle adhère ou qu’elle n’adhère pas.

L’écoute et la dimension psychosociale est importante, c’est un ensemble de facteurs.  L’enseignant en APA prend la personne dans sa globalité et l’issue n’est jamais certaine.

Aujourd’hui les professionnels en APA ne sont pas intégrés dans les conventions collectives. Trop d’amalgames sont faits sur les termes et l’APA est récupérée. Hors les APA sont une formation universitaire ! Un savoir, un savoir être et un savoir faire. Notre métier c’est avoir la foi, c’est être passionné, je crois que vous avez besoin de nous Mesdames et Messieurs les politiques. Arrêtez les amalgames et les clivages politiques : l’APA ce n’est pas le sport, l’EAPA n’est pas l’éducateur médico-sportif. Notre métier c’est avoir la foi, la conviction : vous avez besoin de nous !

Rassemblons-nous, nous avons besoin de vous et vous avez besoin de nous. Cette journée se veut être concrète, on se donne rendez-vous dans 1 an et nous évaluerons ce que nous avons initié aujourd’hui. Il y a deux niveaux, premièrement pour les étudiants et futurs professionnels, qui se doivent d’être compétents et être compétent ce n’est pas avoir un diplôme, c’est être investi dans ses études et sur le terrain. Au niveau politique entendez nos arguments! Aidez-nous car le nerf de la guerre c’est l’argent! Oui au sport de haut niveau mais aussi pour toutes les personnes qui ne sont pas sportives et qui ont le droit de pratiquer une activité physique où elles le veulent.

F. BRETTON : Je vais répondre. Je ne suis pas une politique mais une technicienne. Nous travaillons depuis 2008 avec l’UFR STAPS. Nous avons intégré les APA au CCAS depuis 2008. La première fois où nous avons mis un groupe d’APA en place encadré par une stagiaire, ça a été difficile de trouver des volontaires. En revanche ce premier atelier a très bien marché et nous avons créé  un second atelier car celui-ci était victime de son succès. Mais il y a eu un problème. Les stagiaires retournent en cours : les intervenants en APA avaient créé de l’envie, de l’intérêt et de la motivation. Aujourd’hui en 2013 l’objectif du CCAS est d’installer l’APA dans la durée et pas uniquement sur un temps de stage et ce dans tous les établissements du CCAS. Il fallait montrer ce qu’est l’APA, ses enjeux et ses intérêts. L’ARS a un rôle important, car les ARS ne reconnaissent pas l’APA dans les établissements médico-sociaux, le nerf de la guerre c’est l’argent, or, l’EAPA n’est pas reconnu.

Plusieurs enjeux : le premier est thérapeutique et non médicamenteux, il permet de prévenir la perte des gestes quotidiens. L’autre enjeu est crucial, c’est l’enjeu social, faire une activité en groupe et redonner l’envie d’être avec les autres, se confronter au regard de l’autre et avec l’autre. La vieillesse peut entraîner une peur du regard de l’autre et les ateliers de groupe peuvent permette de se reconnaître comme individu. L’APA rentre très bien là-dedans, au sein de l’équipe pluridisciplinaire et du projet d’établissement. L’enjeu est de faire reconnaitre les APA dans les établissements sur un enjeu de financement et la reconnaissance de ces activités par l’ARS. Le CCAS et le CLIC de Montpellier financent aujourd’hui ces ateliers.

G. NINOT : Aujourd’hui la question de l’APA ne se pose plus. La question, c’est comment le faire ? La réponse aujourd’hui est la coordination ! Que chacun mette en place quelque chose pour coordonner les APA dans le parcours de soin.

T. FAUCHARD : Premièrement c’est la rencontre des acteurs, en APA, du sport-santé mais aussi d’acteurs de la santé publique, il faut du temps pour intégrer les AP dans des dispositifs concrets. Par rapport à mon schéma et dispositif (cf présentation 2) : le téléphone, c’est pour pouvoir toucher des personnes qui n’ont pas accès à des soins. Il faut essayer d’avoir ces personnes le plus tôt possible. Mais à aucun moment, il n’est question de coaching personnalisé par téléphone : c’est répondre à leurs questions, créer une passerelle pour que le spécialiste en APA puisse prendre le relais.

 G. NINOT : (question SMS d’un étudiant en référence à l’intervention de Mme BRETTON) Comment faire en sorte que les initiatives misent en place par les stagiaires en APA ne restent pas au niveau du stage et aboutissent à un véritable emploi ?

F. BRETTON : Par une reconnaissance des métiers auprès des ARS. Aujourd’hui il faut reconnaître le métier pour pouvoir l’intégrer. On ne peut pas embaucher des personnes qui ont une formation en APA à Bac +3 ou +5 au titre d’animateur. On ne peut donc pas les embaucher. C’est un enjeu extrêmement important de l’Université, au niveau national auprès des ARS, pour  la reconnaissance de ces métiers pour les intégrer dans les équipes soignantes auprès des rééducateurs.

G. NINOT : Mr BARBIN, des précisions sur les prérogatives liées à la formation, bac +3 Licence et bac +5 Master ?

 J.M BARBIN : Très bien Mme BRETTON, on n’est pas animateur. Bien que l’on fasse parfois de l’animation. Où sommes-nous ? Sommes-nous dans une action thérapeutique, je me perçois plus comme un éducateur qu’un rééducateur car je suis aussi dans la valeur éducative : informer, sensibiliser… Je ne suis pas rééducateur dans l’idée de récupérer une fonction perdue, mais de permettre à la personne de reprendre vie, d’essayer de vivre avec ses capacités, qu’elle comprenne que la vie est devant elle. Aujourd’hui la question de l’exercice professionnel est réglementée et les diplômes sont inscrits au Registre National de Certification Professionnel. Les prérogatives de la licence sont inscrites dans ce registre et sont claires, en revanche il n’en est rien pour le Master qui n’est pas inscrit dans ce registre. Le deuxième point concerne le droit d’exercice qui est lié au diplôme, au savoir-faire et au savoir-être aussi. La compétence est inscrite et reconnue par le code du sport et aujourd’hui l’exercice nécessite d’avoir une carte professionnelle et ce qui est important c’est que tous les intervenants aient vraiment le diplôme adéquat.

En conclusion, intervenir auprès de ces publics relève du niveau licence. Le Master correspond lui à la coordination, la construction de programme et le pilotage de projet.

F. BRETTON : Quand je parle de rééducateur et d’animation c’est pour pouvoir intégrer le professionnel à une grille, pour pouvoir reconnaitre un métier il faut qu’il soit référencé. Aujourd’hui il n’y a pas de référence sur ces métiers-là, ils ne rentrent donc pas dans les références des établissements.

MC. BIEYSSE : Je parle au titre d’enseignante, tout ce qui vient d’être dit est essentiel. Vous voulez vous faire reconnaître (les enseignant en APA), j’ai envie de vous encourager dans ce combat car enseignante depuis très longtemps, je constate que l’on vit une période difficile en France où les diplômes sont constamment revus à la baisse. C’est une démarche institutionnelle grave : les choses sont de plus en plus subtiles et on diminue les niveaux. Il faut se battre pour se faire reconnaître.

J. ABATI: Si nous sommes là, politiques, c’est parce que nous voulons vous accompagner dans votre démarche de reconnaissance et dans le besoin des usagers. Nous reconnaissons votre motivation. Nous avons travaillé sur plusieurs politiques de recherche que nous finançons : Le laboratoire Epsylon, le cancéropôle, un centre autour des maladies chroniques, le laboratoire EuroMov… Il faut du temps, il est vrai, construisons ensemble pour reconnaître votre métier et je ne doute pas que nous allons y arriver.

 

 

Merci à Grégory NINOT, Enseignant chercheur à l’UFR STAPS de Montpellier et Directeur du laboratoire Epsylon, pour l’animation de ces conférences.

 

Les vidéos des conférences sont disponibles en cliquant sur le lien suivant : 

Conférences du jeudi 11 Avril 2013

Conférence du vendredi 11 Avril 2013