Présentation de Pierre Louis Bernard :

Je vais définir les démarches possibles et les moyens pour retrouver une autonomie.

Je vais apporter des précisions sur les préventions primaire et secondaire par deux démarches complémentaires :

  1. Optimisation des capacités (objectif de développement et de maitrise)
  2. Prévention des dysfonctionnements.

L’autonomie est l’état recherché, la dépendance et la perte d’autonomie sont ceux que l’on cherche à prévenir.

Il existe une autonomie physique (optimisation, domaine de prévention : coté musculaire, cardio-vasculaire et métabolique) mais aussi une dimension décisionnelle ou psychologique, en se situant dans le temps et dans l’espace.

Dépendance : faire avec. Il est considéré comme l’état le plus avancé. Il s’agit d’une aide technique ou humaine, c’est-à-dire les moyens qui viennent suppléer la personne.

Perte autonomie : ne plus faire.

Prise de recul : tableau. Enquête de l’INSEE 1999 avancée en âge.

Le « Bien vieillir » est l’objectif de l’avance en âge.

Il existe 4 mots clés dans les différentes démarches pour la prévention de la perte d’autonomie (schéma) :

1-    évaluation = objectivation, permet d’identifier les capacités de la personne, en passant par des méthodologies centrées sur la recherche de la performance ou autre pour déboucher sur une planification

2-    information correspondant à l’éducation pour la santé, tels que l’alimentation, l’hygiène de vie et santé, médicaments, adaptation de l’environnement et de l’habitat, aptitude physique et santé et l’éducation thérapeutique

3-      action, c’est-à-dire l’imprégnation de la personne

4-      appropriation, est la démarche la plus ambitieuse car il faut que la personne sache pourquoi elle pratique en s’appropriant un certain nombre de comportements favorables

è Projet de vie est au centre du dispositif. La personne doit y trouver du plaisir et de l’intérêt.

 

Moyens :

Les évaluations sont nécessaires malgré leur coté rigoureux, car il ne pas juste un travail de représentation.

Elles ont pour but la prise en charge des capacités de la personne, en s’appuyant de manière méthodologique. Elles doivent déboucher sur une planification pour aller vers une individualisation et de projet de vie (appropriation) qui doit être organisé.

Illustration de l’évaluation :

–       Indépendance fonctionnelle : MIF, Bartel, standing balance, Tinetti.

Ä Voir de façon objective, pas de représentation (ex. « avancée en âge explique ça ou ça »).

Aptitude physique :

–       Endurance (TDM6)

–       Mobilité

–       Equilibration

–       Force.

 

4 façons de faire sur démarche : Evaluation/action/ appropriation et information

Information : est l’éducation pour la santé, en terme d’évaluations nous pouvons la rapprocher de la méthode « PEM » (Posture-Equilibration-Motricité) et la relier à 5 autres thèmes :

  1. Alimentation
  2. Hygiène de vie
  3. Médicaments
  4. Adaptation de l’environnement
  5. Aptitude physique et santé.

è Il existe 20 sous thèmes.

è Les contenus qui doivent être développés : ceux de la personne par les évaluations.

Objectif de pérennisation : pas par une imposition, elle doit passer par la motivation (plaisir et comprendre intérêt) à évaluation et appropriation de la pratique et donc la personne va s’investir dans la pratique afin d’avoir une activité régulière et continue.

 

Différence APA et sport :

Sport associé à la performance

APA poursuit des objectifs d’éducation, de réhabilitation au-delà d’objectifs sportifs.

 

Débat :

 

P Calmels : Approche positive de l’individu et du développement de ses capacités et de son autonomie. C’est plus facile d’évaluer ce que la personne ne peut pas faire plutôt que ce qu’elle peut faire car c’est plus facile à exprimer.

Il y des nuances entre sport et APA.

 

L’activité physique a un bénéfice psychologique et social : possibilité pour les personnes de reprendre confiance en elles, de  réinvestir leur corps. La maladie est un facteur d’isolement social par rapport à la société mais aussi par rapport à sa famille.

 

O Coste : Attitude en France de détacher les maladies à travers les différents plans nationaux. Activité physique et APA se retrouvent de plus en plus.

Jouer sur la dépendance c’est promouvoir l’activité physique. Place de choix de l’activité physique, aussi efficace que les médicaments.

 

PE Laures : Gymnastique militaire arrive en France en 1860. Association EPGV.

 

C Roux : Création de la fédération EPGV pour mettre en place des activités pour maintenir la santé. 1993 : appellation Sport Santé.  Maintenir et optimiser la santé. Les programmes d’activité physique ciblent les personnes qui entrent dans la dépendance. De nombreux étudiants STAPS sont présents au sein de la fédération.

 

PE Laures : Sport pour tous c’est soixante activités différentes.

 

M Causse : Evolution de l’EPMM  avec la société.  Permettre une réintégration des adolescents dans le tissu social. Rechercher comment remobiliser les jeunes. L’EPMM ne regroupe pas des compétiteurs, elle s’adresse aux malades chroniques, aux personnes âgées.

C’est une Fédération qui fait la promotion de la santé publique.

 

PE Laures : Aujourd’hui, la santé publique est de fait synonyme de santé sociale.

 

P Calmels : La santé ne représente  pas que les soins et l’hôpital.

Le public ne connait pas assez bien ce qui est proposé par les différentes fédérations. Les médecins ont besoin de l’activité physique.

 

PE Laures : rapprochements entre EPMM et monde médical ?

 

M Causse : les fédérations de terrain appliquent ce que demandent les médecins.

 

O Coste : les fédérations ont toujours été accompagnées par le ministère. Le mouvement sportif est dépendant du ministère à ce jour.

 

Laures : on assiste à une évolution notable de la capacité à  travailler ensemble.

 

O. Coste : la notion d’APA est quelque chose qui est rentrée dans les mœurs. Il y a une réelle volonté de mettre l’APA la où elle doit se trouver : dans la prévention, l’éducation thérapeutique…Aujourd’hui donner du sens à l’activité physique est important. Il est nécessaire de montrer et de prouver sur le terrain que c’est faisable. Le  Problème est de faire savoir que l’activité physique existe et que c’est possible. Réentraîner quelqu’un sur le terrain pendant six mois ce n’est pas compliqué mais  suivre son évolution après la prise en charge c’est différent, comment évaluer les effets des interventions à long terme ?

 

Mme. Roux : Quand j’encadre une formation je dis : « Donnez du sens à ce que vous faites, expliquer  aux personnes ce que vous faites  afin qu’elles se l’approprient puis en ressentent la nécessité. » La difficulté reste la pérennisation de la pratique afin d’améliorer la qualité de vie. Je souligne que les publics fragilisés par la vie (en difficulté sociale…) ne sont pas des maladies repérées mais on doit en tenir compte.

 

G. Ninot : il est évident que le sens est essentiel. Les bénéfices sont aussi sur la régularité. Les changements d’habitudes de santé notamment en Activité Physique sont très importants. Ils conduisent à un travail en réseau. D’autres métiers devraient être mis en place. L’efficacité des APA au niveau bio-psycho-social est reconnue depuis les années 90. La perspective aujourd’hui est d’aller vers le coût/efficacité (coût direct et indirect). L’activité physique est efficace mais surtout « coût/efficace ». Maintenant l’intérêt est d’aller vers le cout/efficacité afin de montrer que non seulement c’est efficace mais également coût/efficace.

 

Roux : les mutuelles commencent à s’intéresser à ce domaine. Elles cherchent à évaluer les programmes afin de savoir si grâce à ces interventions les couts de santé seraient amoindris. On essaie de rechercher des partenariats pour construire des programmes avec une évaluation avant et après la prise en charge. Comment par des programmes courts va-t-on intéresser des personnes afin qu’elles pérennisent leur pratique ?

 

O.Coste : aller vers les mutuelles se sera le plus simple. Il existe une expérience en Alsace, où il y a une orientation des médecins pour les malades chroniques, des vélos sont mis à disposition par l’assurance maladie. On est dans un milieu médical où la santé est trop médicalisée. On ne démarche que par les soins et trop par les soins encore. On a besoin de mettre en avant non pas l’efficacité bio-psycho-sociale mais l’aspect économique.